Capitalisation des projets Jèkasy et Jèkagnini (économie, gdrn et recherche) 2006 - 2009
 

Jèkagnini

Recherche

Délégation IC au Sahel - Rue 105 - Korofina Nord - Bamako Mali B.P. 3066 – icsahel@icsahel.org – www.dicsahel.org
line decor
Sikasso 2006-2009 Sikasso Aval Shisun Jigiya I et II OPF Projets Suisse PASA II (UE) Projet AFD PAIRCC Niger Acceuil
line decor
 
Recherche agricole participative
Les paysans pilotent la recherche agricole
Capitalisation des Expériences (résumé) - Jèkassy 2006 - 2009
Contexte
La région de Sikasso, au sud du Mali, constitue la principale zone agricole du pays. Pour pallier à la crise cotonnière, les paysans cherchent à diversifier leurs productions agro-sylvo-pastorales (céréales, élevage, fruits, forêts, etc.). Jusqu’alors orientée sur les cultures commerciales, la recherche agronomique n’a produit que peu d’innovations adoptées par les exploitations familiales. Les technologies développées sont souvent restées «dans les tiroirs», car trop chères et peu compatibles avec les stratégies paysannes.
Approche d’Intercooperation
 
Dans le but de promouvoir une recherche répondant aux besoins des communautés locales, Intercooperation (IC) a décidé en 2002 de renforcer les capacités de la plateforme de la commission régionale des utilisateurs des résultats de recherche (CRU) de Sikasso. Le programme Jèkagnini («cherchons ensemble») implique autant les chercheurs que les paysans en tant que partenaires pour une coproduction de connaissances et d’innovations.
Étapes de la recherche agricole participative
 
Etappes de la recherche agricole participative
Exemples de recherche sur demande paysanne
La culture de piment
  1. Les rizicultrices et riziculteurs des bas-fonds et plaines inondables du cercle de Sikasso ont constaté que l’eau devenait chaude et rougeâtre, que le riz brunissait et de se desséchait avec une forte baisse de rendement. Ensemble avec les chercheurs, les paysans ont testé de nouvelles variétés de riz résistantes à la toxicité ferreuse.
  2. Les moutons de grande taille se vendent à un meilleur prix. Mais l’élevage de la race sahélienne (Bali-Bali) en zone humide est problématique (maladies et forte mortalité). Les éleveurs des cercles de Koutiala et de Kadiolo (région de Sikasso) ont demandé aux chercheurs d’améliorer la race locale par métissage et d’évaluer le coût/bénéfice des méti
Résultats
A. Lutte contre la toxicité ferreuse et la baisse de rendement de la riziculture
Un rendement moyen de 3500 kg de riz paddy par hectare, contre 1200 kg/ha initialement, dans les deux bas-fonds et trois plaines des cinq villages de l’étude. Ce qui a entraîné un retour massif des rizicultrices et riziculteurs.
La culture de piment
  • Au total, 1460 exploitations familiales cultivent chacune 2 ha de riz en moyenne.
  • Le chiffre d’affaires a augmenté de 1 milliard de FCFA, soit 700.000 FCFA/famille.
  • Les revenus monétaires du riz ont permis aux femmes de construire un magasin de stockage à 500.000 FCFA (avec 50% de contribution de la commune), d’installer un point de vente de riz au marché de Nièna à 160.000 FCFA et de payer des grillages pour leur jardin potager à 500.000 FCFA (avec 50% de contribution de la Compagnie malienne pour le développement des textiles CMDT)
B. Amélioration de la race locale par métissage avec le mouton Bali-Bali
  • Taux de métissage de 73% (en 2006) dans les 18 exploitations familiales partenaires de la recherche.
  • Forte diffusion: métissage de 70% dans 104 exploitations familiales sur les 114 du village de Kaniko.
  • Le prix des métis Bali-Bali se situe entre 75.000 et 100.000 FCFA contre 30.000 FCFA pour le mouton local.
  • Les trois villages de Kaniko, Kafono et Lofigué ont vendu 1116 têtes de métis Bali-Bali pour un chiffre d’affaires de 84 millions FCFA pour 340 exploitations familiales.
  • Le revenu net est passé d’environ 40.000 à 245.000 FCFA/famille/an.
  • Avec l’élevage des métis Bali-Bali, les femmes ont triplé leurs revenus.
Leçons apprises
  • La recherche participative permet de combiner le savoir paysan avec les innovations des chercheurs.
  • Les innovations développées en partenariat avec les agro-éleveurs et les chercheurs répondent aux besoins locaux.
  • Les autres exploitations familiales des villages tests et celles des villages voisins ont adopté les innovations de leur propre initiative.
  • Toutefois, la diffusion à grande échelle du transfert des technologies reste faible
Changements

La culture des nouvelles variétés de riz et l’élevage des moutons métis ont triplé les revenus des femmes et de leurs ménages. La sécurité alimentaire est assurée. Les villageois sont en meilleure santé. Leur contribution aux dépenses familiales a considérablement amélioré le statut social des femmes. Elles s’engagent pour la scolarisation des enfants y-compris des filles. Le prêt des géniteurs Bali-Bali a renforcé les liens de solidarité au sein de la communauté.

Les plateformes CRU sont reconnues comme interlocutrices des préoccupations paysannes. Les chercheurs se sont mis à l’écoute des communautés rurales et sont plus ouverts à la coproduction de connaissances. La recherche participative a été inscrite dans la stratégie de développement régional.

Capitalisation Recherche Agricole Participative  
Brochure (A4) ; Rapport et brochure (A3) de capitalisation de la recherche agricole participative de Jèkagnini 2009