MALI - BURKINA FASO - NIGER
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GESTION DES RESSOURCES NATURELLES
Les acteurs locaux s’engagent pour une gestion concertée et pacifique de leurs ressources
Capitalisation des Expériences (résumé) - Jèkassy 2006 - 2009
 
Contexte
La région de Sikasso – zone d’intervention du programme Jèkasy - est considérée comme le grenier du Mali, grâce à la fertilité de ses sols et une pluviométrie élevée (de 800 mm au nord à 1200 mm au sud). Elle est très connue pour sa production de fruits et son coton. Mais la crise de la filière de «l’or blanc» a conduit à un endettement des familles cotonnières qui menace leur sécurité alimentaire.
Zone de transhumance et d’accueil des troupeaux, cette région du sud est aussi devenue l’une des premières zones d’élevage du pays. Avec toute cette pression, les conflits autour des ressources naturelles sont fréquents.
Approche d’Intercooperation
Dans le programme Jèkasy de gestion des ressources naturelles (GRN), Intercooperation accompagne, sur demande, les organisations paysannes et les collectivités territoriales dans l’élaboration de schémas pastoraux (SP) et de conventions locales (CL), indispensables à la gestion pacifique de l’espace. L’aménagement et la mise en valeur des bas-fonds multifonctionnels se font dans une approche inclusive.
  • Une initiative locale soutenue par un appui-conseil de proximité.
  • Des négociations pour des accords consensuels.
  • Une planification concertée entre paysans et collectivités.
  • La mobilisation des ressources propres et le cofinancement.
  • La mise en valeur économique des bas-fonds pour leur gestion durable.
Étapes de la recherche agricole participative
 

Résultats

Schémas pastoraux :
  • Plus de 3000 km de pistes de parcours du bétail.
  • Une vingtaine de sites stratégiques pour l’eau et pour les pâturages.
  • Plus de 40 communes rurales mobilisées.).
  • Le cheptel profitant de cet espace est estimé à plus de 500.000 bovins.
  • Grâce aux schémas pastoraux de Yorosso et de Kadiolo, les conflits entre agriculteurs et éleveurs qui sont portés en justice ont baissé de plus de 40 à moins
    de 5 cas par an.
  • Des expériences similaires ont été réalisées dans l’intercommunalité de Sikasso et dans les cercles de Koutiala et de Tominian.
Conventions locales signées :
  • La convention locale de Kouoro qui couvre 7 villages pour une population de 7000 habitants.
  • A Koutiala, la convention locale «Oussignignon» qui englobe 11 villages et 4 communes avec plus de 20.000 habitants.
  • A Bamadougou, convention locale de pêche pour la commune de Zangaradougou,
    12.000 habitants.
Aménagements de bas-fonds :
  • A Zéguesso, le nombre de rizicultrices est passé de 0 à 35. La saison de maraîchage
    s’est rallongée de 3 à 5 mois.
  • A Diomaténé, la production de riz a progressé de 400 à 1500 kg par hectare
    en paddy.
  • La pêche, quasi nulle avant la construction du barrage, a rapporté 1.200.000
    FCFA par an à la commune de Diomaténé et 2.250.000 FCFA par an à la commune
    de Bamadougou.
Leçons apprises  
  • Une «maîtrise d’ouvrage» par les collectivités locales bien accompagnées est la meilleure garantie pour la durabilité des aménagements. D’où l’importance d’un renforcement des capacités par des «prestataires privés» et un «appui des collectivités».
  • Des techniques et méthodologies d’aménagement simples doivent être élaborées ensemble avec les usagers des ressources pour assurer l’appropriation des investissements.
  • La mise en confiance des acteurs locaux est indispensable pour qu’ils se mobilisent autour de la GRN et gèrent les conflits à la base.
Changements
Les schémas pastoraux et conventions locales ont fortement amélioré l’état physique des ressources - régénération des zones mises en défens, couvert herbacé avec la limitation des feux, abandon des pratiques de mutilation des arbres et de cueillette précoce des fruits. Les usagers (éleveurs, agriculteurs et cueilleurs) tirent des profits substantiels des ressources. Une paix sociale s’est instaurée et les conflits autours des ressources ont fortement régressé.
Les bas-fonds aménagés ont considérablement amélioré les ressources en eau des villages (eaux de surface et remontée des nappes) et augmenté les surfaces cultivables. Grâce aux diverses activités (pêche, riziculture, pomme de terre, maraîchage) les usagers des bas-fonds gagnent de l’argent et la sécurité alimentaire est assurée. Les recettes du maraîchage ont amélioré le statut social des femmes et diminué l’exode rural des jeunes.
Schéma démarche bas-fonds